jeudi 10 mai 2007

Mon ami Hariri

Une autre illustration des liaisons dangereuses entre le RPR-UMP et les milieux d'affaires, le copinage sulfureux de Jacques Chirac avec Rafic Hariri.

Jacques et Bernadette Chirac vont en effet s'installer dans un duplex de 180 m2, situé en face du musée du Louvre, dans l'un des quartiers les plus luxueux de la capitale, mis à leur disposition par la famille de Rafic Hariri, ancien Premier ministre du Liban assassiné en 2005. Il s'agit d'un prêt à titre «très provisoire, le temps de trouver un domicile définitif».

Une longue amitié

Les deux hommes se sont liés d'amitié au milieu des années 80. Le premier n'est encore que maire de Paris mais déjà obsédé par la présidence de la République ; le second, milliardaire ayant prospéré dans le BTP en Arabie Saoudite, n'envisage pas encore de diriger son pays d'origine.

Financement de campagne électorale

Didier Schuller, ancien directeur de l'office HLM des Hauts-de-Seine, s'y est risqué en 2002, de retour de sa cavale aux Bahamas. Il affirmait ainsi que des sociétés de construction du groupe Hariri, de Bouygues et de la SAE auraient, entre 1992 et 1994, versé six millions de francs en vue de financer les campagnes électorales du RPR.

Après audition de dirigeants niant toute remise de fonds, la justice a décrété un non-lieu sur ce volet particulier de l'affaire Schuller, tout en remarquant au passage que Rafic Hariri avait payé quelques encarts publicitaires dans le journal de campagne de l'ex-dirigeant de l'office HLM, Le Clichois. (Voir l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine)

Le compte de l'Arab Bank

Pendant les instructions laborieuses du juge Eric Halphen de la fin des années 90, on parla beaucoup d'un compte supposé du RPR à l'Arab Bank, dont l'actionnaire principal était Rafic Hariri. Dans les années 1990, un corbeau a tenté à plusieurs reprises d'orienter l'enquête de juge Eric Halphen sur des comptes occultes que le RPR de Jacques Chirac auraient détenus à l'Arab Bank.

L'attribution contestée de la CGM-CMA aux frères Saadé

La CGM, compagnie générale maritime, est privatisée en 1997 par le gouvernement d'Alain Juppé au profit de la CMA, contrôlée par les fréeres Saadé (Jacques Saadé et Johnny Saadé).

Les deux frères d'origine libanaise se disputent devant les tribunaux français pour le contrôle du nouvel ensemble CMA-CGM.

En 2000, une perquisition dans les ministères exhume des notes confidentielles dans lesquelles «le président de la République signale sa préférence» en faveur de la CMA. C'est la première fois qu'une privatisation risque de dégénérer en procès pour favoritisme.

Venant au secours de Chirac, Rafic Hariri intervient en juge de paix et les frères Saadé sont enfermés dans un bureau du procureur de Beyrouth avec obligation de trouver un accord. 40 millions de dollars sont versés par Jacques à Johnny.

La continuité dans le changement

Saad Hariri, fils de Rafiq Hariri, a été l’un des premiers à féliciter le nouveau président de la République. Proche de Chirac, il a été fait chevalier de la Légion d’honneur il y a quelques mois.

Références

- Chirac trouve un point de chute à Paris chez la famille Hariri, Libération, 27 avril 2007

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